C’est la question qui agite tout le monde en février. Dès les grands froids passés, et quand viennent les premiers jours de beaux temps en février, le monde des jardiniers s’agite : est-ce déjà le moment de semer ? Faut-il attendre encore un peu ?

3 raisons de ne pas se précipiter

La nature se réveille peu à peu, les oiseaux se remettent à chanter, forsythias et saules sont déjà en fleurs… après un hiver qui nous a peut être paru long, nous n’avons qu’une envie : sortir notre boîte de graines, un sac de terreau et des outils, et se remettre au jardin !

  1. Attendre que le sol soit bien ressuyé

Pourtant de nombreux signaux devraient nous alerter : la terre du potager est peut être encore humide et collante. Il est important d’attendre qu’elle aie bien « ressuyé », c’est à dire qu’elle se soit réchauffée, et que l’humidité accumulée pendant l’hiver soit évacuée.

Un sol est constitué de micro et de macro-porosité. Des petits et des gros trous qui permettent le passage et la nutrition des racines, l’activité biologique grâce à l’oxygène, et le drainage des excès d’eau. Lorsqu’on travaille sur un sol mal ressuyé, notre poids exerce une pression qui chasse durablement l’air des trous du sol et détruit toute sa structure, sa porosité et l’air ne revient pas.

Or quand il n’y a pas d’air dans le sol, cela signifie peu de passages pour les racines des plantes, peu de drainage de l’eau, et pas d’oxygène disponible pour les micro-organismes du sol, d’où un double impact négatif sur la santé de notre écosystème.

Comment savoir si c’est le bon moment ? Observez votre sol sur les 20 premiers cm : si la terre « colle aux outils », ou si elle est compacte, il est probablement encore trop tôt. Attendez qu’elle soit grumeleuse. Cela peut être plus rapide dans les sols sableux ou limoneux que dans les sols argileux !

2. Avoir des plantes + robustes

Même s’il peut déjà faire très chaud en journée, la durée du jour en février est encore trop courte pour la plupart des légumes.

Malgré tout le soin que vous allez donner à vos semis réalisés à l’abri (chez vous, ou dans une serre chauffée), il risquent de « filer », c’est à dire que les tiges risquent de s’allonger démesurément. Ce phénomène est dû généralement à un manque de lumière. C’est très fréquent en fin d’hiver, tout simplement parce que les journées sont trop courtes. Les tiges et les feuilles seront aussi de couleurs plutôt claires.

Or le jardinier cherche à obtenir des plantes plutôt trapues, avec des tiges épaisses et des colorations foncées. Elles résisteront mieux aux changements de températures, notamment au moment où vous allez les installer en pleine terre. Elles seront aussi moins appétentes pour leurs prédateurs naturels, comme les limaces et les escargots par exemple. Autant de raisons d’attendre encore quelques semaines !

Si vous souhaitez VRAIMENT faire des semis en février, il faudra probablement réfléchir à l’opportunité d’investir dans une lampe artificielle, et un tapis chauffant… Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ?

3. Observer les signaux de la nature environnante

Les conditions météo peuvent varier fortement d’une région à l’autre : comment savoir si c’est le bon moment chez moi, si le sol est suffisamment réchauffé ? Si la durée du jour est assez longue ?

Vous pouvez faire confiance à la végétation environnante, qui vous servira de guide. Quelques plantes sont de bonnes indicatrices :

Repère: floraison des forsythias et des saules (février -mars) 

Au potager, en pleine terre :

  • Semis des épinards, fèves, petits pois..
  • Plantation des oignons, ail, échalotes.

En pépinière sous serre non-chauffée:

  • Semis des laitues Gotte, Reine de mai et des radis roses.
  • Ameublissement du sol et apport de compost si nécessaire

Repère: floraison des narcisses (mars-avril)

A la maison ou sous serre chauffée:

  • Semis des aubergines, tomates, piments, basilics…

Au potager, en pleine terre :

  • Semis des laitues, pois, fèves, carottes, navets radis roses, choux raves, cerfeuil, coriandre, nigelles, persil ..
  • Plantation des ciboules, fenouil, ache, hysope, thym, serpolet, romarin, estragon, sarrette, sauges, ….

En pépinière sous serre non-chauffée: 

  • Semis des choux cabus, de Bruxelles, Brocolis, Milan, du poireau, …
  • Paillage général du jardin.
  • Stockage de l’eau de pluie.
  • Surveiller les escargots et limaces, et leur donner à manger si nécessaire. 

Repère: floraison du lilas (avril-mai) 

A la maison ou sous serre chauffée :

  • Semis des basilics, concombres, courges, courgettes, melons, pastèques… 

Sous abris en pleine terre :

  • Haricots verts.

Au potager, en pleine terre:

  • Plantation des choux pommés, de Bruxelles, brocolis, ciboules, estragon, romarin, sarriette, sauges, serpolet, thym, lis, dahlias, glaïeuls.
  • Semis de carottes, coriandre, aneth, cumin, cerfeuil, chicorées, romaines, batavias, bettes, betteraves, salsifis, scorsonère, panais persil-racine, maïs.
  • Semis des capucines, immortelles, volubilis, lavatères, roses d’inde, amarantes.
  • Paillage général du jardin.
  • Suspendre les abris à perce-oreilles (anti-pucerons)
  • Surveiller limaces et escargots, les nourrir régulièrement

Repère: floraison des roses (mai-juin) 

Au potager, en pleine terre:

  • Plantation des aubergines, basilics, concombres, courges, courgettes, melons, poivrons, tomates…
  • Semis des haricots, chicorées, laitues, à couper, roquette, pourpier… 
  • Plantation des choux et poireaux pour l’automne et l’hiver

Sous abris en pleine terre: 

  • Plantation en petite quantité, courette, tomates, basilics, aubergines, poivrons pour hâter leur récolte de quelques semaines.

Aux incorrigibles impatient.e.s

Et si vous profitiez plutôt de la saison pour planter quelques arbres, faire quelques boutures d’aromatiques ou tailler vos fruitiers ? Vous pouvez aussi peaufiner l’agencement de votre potager, et préparer votre plan de culture. C’est peut-être l’occasion de dénicher quelques variétés potagères nouvelles que vous aller tester cette année.

Un dernier mot enfin si vous débutez : pas d’empressement, résistez aux injonctions à semer tôt et ne cédez pas au sentiment d’être « en retard » alors que vous n’avez même pas commencé ! La plupart du temps, les semis de printemps réalisés fin mars/ début avril « rattrapent » sans peine leurs « ainés » semés un mois plus tôt. Alors relax 😉

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